Ce guide s'adresse à la personne qui fait le planning. Il résume les règles telles qu'elles contraignent un mois de travail — pour les grilles de salaires, majorations et avenants en vigueur, la source à jour reste Légifrance et votre expert social.
Deux conventions, pas une.
Première subtilité, souvent ignorée : une clinique applique deux textes distincts :
- IDCC 1875 — personnel salarié des cabinets et cliniques vétérinaires : ASV, auxiliaires, personnel d'accueil et d'entretien. C'est elle qui structure les échelons ASV.
- IDCC 2564 — vétérinaires praticiens salariés. Les vétérinaires libéraux, collaborateurs libéraux et associés n'en relèvent pas : leur « planning » est contractuel, pas conventionnel.
Conséquence directe pour le planning : dans la même journée, deux personnes côte à côte peuvent obéir à des règles de repos et de durée différentes. Le planning doit les connaître par personne, pas par équipe.
Les durées : ce que le mois ne peut pas dépasser.
Le socle légal, applicable à tous les salariés :
- 35 h hebdomadaires : la durée de référence. Au-delà, heures supplémentaires majorées — possibles, mais encadrées et à suivre précisément.
- 10 h par jour maximum de travail effectif (des dérogations conventionnelles existent, à vérifier dans votre texte).
- 48 h sur une semaine isolée, et 44 h en moyenne sur 12 semaines consécutives.
- Pause de 20 minutes dès 6 h de travail continu.
Pour un temps plein, la cible mensuelle usuelle est 151,67 h. Le point qui piège les plannings : c'est un compte en heures nettes (pauses déduites), pas en jours. Deux journées de 7 h et deux de 10 h ne font pas la même semaine que quatre journées de 8 h 30 — et une semaine amputée par un repos de garde ne se « rattrape » que si le plafond hebdomadaire le permet.
Les repos : les contraintes les plus dures du planning.
- Repos quotidien : 11 heures consécutives entre deux journées. Une intervention de nuit qui finit à 3 h du matin repousse mécaniquement la prise de poste du lendemain.
- Repos hebdomadaire : 35 heures consécutives (24 h + les 11 h quotidiennes), en principe le dimanche — avec les aménagements propres à la permanence des soins.
- Jours fériés et travail du dimanche : régis par la convention (majorations et/ou récupérations) — c'est typiquement là que les avenants évoluent, vérifiez le texte en vigueur.
Dans un planning bien construit, ces repos sont des contraintes dures : ils ne se « négocient » pas au moment de boucher un trou. C'est précisément quand on déplace une garde à la main, le 12 du mois, que le repos de 11 h saute sans que personne ne le voie.
Gardes, astreintes, permanence des soins : trois régimes différents.
Le vocabulaire du métier mélange souvent trois notions que le droit distingue nettement :
- La garde sur place (présence dans la clinique) : temps de travail effectif de bout en bout — elle entre entièrement dans les durées maximales et déclenche les repos.
- L'astreinte (disponibilité à domicile) : n'est pas du temps de travail par défaut — seule l'intervention, trajet compris, en est. Elle donne lieu à contrepartie (repos ou indemnité, selon la convention), et une astreinte très sollicitée peut requalifier la période.
- La permanence et continuité des soins (obligation déontologique de la profession) : elle explique pourquoi ces nuits et week-ends existent, mais ne dispense d'aucune règle de repos.
Pour le planificateur, la conséquence est simple : chaque type de créneau de nuit ou de week-end doit être étiqueté (garde ou astreinte) et porter ses propres règles de repos avant/après. Un planning qui note juste « N » dans une case ne sait pas ce qu'il promet.
La check-list de conformité du planning mensuel.
- Chaque salarié est rattaché à son texte (1875 / 2564) et à son contrat (heures, jours, temps partiel).
- Aucune semaine ne dépasse les plafonds (48 h isolée, 44 h moyenne, 10 h/jour) — en heures nettes.
- Chaque enchaînement nuit→jour respecte les 11 h ; chaque semaine contient ses 35 h consécutives de repos.
- Chaque garde/astreinte est typée, avec ses repos avant/après posés en dur.
- Les compteurs (heures sup, dimanches, nuits, week-ends) sont tenus par personne et sur plusieurs mois — c'est autant une exigence sociale qu'un outil d'équité.
La version outillée.
Tout l'intérêt d'un solveur de planning est de transformer ces règles en contraintes que le moteur ne peut pas violer : plafonds d'heures par semaine, plancher mensuel du contrat, repos après garde, jours off — vérifiés sur le mois entier à chaque génération, y compris après une modification à la main.
C'est ce que fait Djed pour les cliniques vétérinaires : les règles de chaque personne (contrat, repos, gardes) sont configurées une fois, et chaque planning généré les respecte par construction — avec l'équité mesurée par personne. Essai 14 jours sur votre planning réel.
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