Ce guide traite du droit et de la méthode : l'obligation de décompte, la preuve des heures, les interdits, les durées de conservation, et les questions à poser avant de choisir un outil. Il ne présente pas l'option Pointage de Djed : son fonctionnement, ses écrans et son prix sont sur la page Pointage en clinique vétérinaire.
Ce que la loi impose : pouvoir compter les heures.
Le Code du travail prévoit deux situations :
- Tout le monde suit le même horaire collectif. L'employeur affiche les heures de début et de fin du travail, et les heures et la durée des repos (art. L3171-1). L'affichage tient lieu de décompte pour les heures prévues.
- Les salariés ne suivent pas le même horaire. L'employeur établit, pour chacun, les documents qui permettent de décompter la durée du travail et les repos compensateurs (art. L3171-2). Concrètement, l'article D3171-8 demande deux choses : chaque jour, l'enregistrement « selon tous moyens » des heures de début et de fin de chaque période de travail, ou le relevé du nombre d'heures faites ; chaque semaine, le total des heures de chaque salarié.
Une ASV qui fait 8 h-19 h le lundi, 14 h-20 h le mardi et une garde le samedi ne suit pas un horaire collectif affiché. Son employeur doit donc tenir un relevé quotidien et un total par semaine. « Selon tous moyens » veut dire que la forme est libre : feuille signée, tableur ou pointeuse. Ces documents sont tenus à la disposition de l'inspection du travail (art. L3171-3), et le CSE, s'il existe, peut les consulter (art. L3171-2).
L'arrêt européen de 2019 et la preuve des heures.
Le 14 mai 2019, la Cour de justice de l'Union européenne a jugé, dans l'affaire CCOO contre Deutsche Bank (C-55/18), que les États membres doivent imposer aux employeurs « un système objectif, fiable et accessible permettant de mesurer la durée du temps de travail journalier effectué par chaque travailleur ». La Cour de cassation reprend cette formule mot pour mot dans un arrêt du 7 février 2024 (n° 22-15.842), en la rattachant à la directive 2003/88 et à la Charte des droits fondamentaux.
Le même arrêt précise que l'employeur qui n'a pas mis en place un tel système garde le droit de discuter les heures devant le juge. Mais c'est à lui de fournir les éléments qui justifient les horaires réellement faits (art. L3171-4). Sans relevé, il lui reste peu de chose à opposer au décompte que le salarié présente. Et si les heures sont enregistrées par un système automatique, la loi exige qu'il soit « fiable et infalsifiable » (même article).
Ni la loi ni ces arrêts ne donnent de liste technique. Notre lecture pratique, qui n'a rien d'une définition légale : un relevé est fiable quand une heure ne peut pas être changée sans laisser de trace, quand chaque correction dit qui l'a faite et pourquoi, et quand le salarié peut voir ses propres heures.
Ce qui est interdit, ou presque : biométrie et collecte cachée.
- La biométrie pour les horaires. Pour la CNIL, contrôler les horaires avec un dispositif biométrique (empreinte, reconnaissance faciale…) « apparaît excessive », tout comme une photo prise à chaque pointage : c'est contraire au principe de minimisation des données. La biométrie au travail n'est admise qu'à titre subsidiaire, pour sécuriser des accès, quand l'employeur démontre qu'aucune autre mesure ne suffit.
- Un dispositif dont les salariés n'ont pas été informés. « Aucune information concernant personnellement un salarié ne peut être collectée par un dispositif qui n'a pas été porté préalablement à sa connaissance » (art. L1222-4). La CNIL demande une information claire de chaque salarié, et rappelle ses droits d'accès et de rectification sur ses données.
- Une mise en place sans les représentants du personnel. Quand il existe un CSE, il est informé et consulté avant la décision de mettre en place des moyens de contrôle de l'activité des salariés (art. L2312-38). La CNIL le rappelle pour les dispositifs de contrôle des horaires : les représentants du personnel sont informés ou consultés avant toute décision.
Combien de temps garder les relevés.
| Document | Durée | Texte |
|---|---|---|
| Relevés des heures de chaque salarié | 1 an, à la disposition de l'inspection du travail | D3171-16, 1° |
| Récapitulatif mensuel des astreintes | 1 an | D3171-16, 2° |
| Décompte des jours des salariés au forfait | 3 ans | D3171-16, 3° |
| Données de pointage servant au suivi du temps de travail | Jusqu'à 5 ans en archivage intermédiaire | CNIL, contrôle des horaires |
Le minimum légal est donc d'un an pour les heures. La CNIL admet une conservation plus longue, en archive, quand les données servent au suivi du temps de travail : c'est utile en cas de litige sur des heures supplémentaires.
Le forfait jours, un régime à part.
Les vétérinaires salariés au forfait jours ne comptent pas leurs heures mais leurs journées : le Code du travail prévoit un récapitulatif annuel des journées ou demi-journées travaillées (art. D3171-10). La convention des vétérinaires praticiens salariés (IDCC 2564, art. 58) ajoute un document individuel de suivi des jours travaillés et des repos, signé chaque mois par l'employeur et le salarié et gardé 3 ans.
Le même article 58 vise aussi les vétérinaires qui ne sont pas au forfait jours : l'entreprise doit tenir un décompte des heures, par exemple un registre où le total de la semaine est inscrit et signé par les deux parties à chaque fin de semaine travaillée. Dans une clinique, il y a donc souvent deux régimes côte à côte : des heures pour les ASV et les vétérinaires horaires, des jours pour les vétérinaires au forfait.
Les questions à poser avant de choisir une pointeuse.
- Comment prouve-t-elle la présence ? Sans biométrie côté employeur. Une preuve liée à la clinique (son réseau, un badge, un code affiché sur place) suffit dans la plupart des cas.
- Que devient une erreur ? Un oubli de pointage arrive toutes les semaines. Il faut pouvoir corriger, avec un motif et une trace, sans effacer le pointage d'origine.
- Le salarié voit-il ses heures ? C'est le « accessible » de l'arrêt de 2019, et c'est ce qui évite les désaccords en fin de mois.
- Comment sont rattachées les nuits ? Une garde qui finit à 8 h le lendemain doit compter sur la journée où elle a commencé, sinon les totaux de la semaine sont faux.
- Que reçoit le cabinet comptable ? Les heures validées, les heures supplémentaires et les absences du mois, dans un fichier qu'il peut reprendre sans tout ressaisir.
Ce que ces exigences donnent dans un outil.
Les cinq questions ci-dessus ont des réponses techniques, et elles ne sont pas toutes équivalentes. Voici comment elles se tranchent dans Djed, à titre d'exemple de ce qu'il faut regarder :
- Preuve de présence sans biométrie côté employeur. La présence se prouve par le réseau de la clinique ou par un code affiché sur place, jamais par une empreinte ni un visage : Djed ne reçoit ni ne garde aucune donnée biométrique, et n'utilise pas le GPS.
- Relevé non falsifiable. Un pointage n'est ni modifié ni supprimé : une correction annule l'ancien avec un motif obligatoire et en ajoute un nouveau, et l'historique de la journée reste entier. C'est le « fiable et infalsifiable » de l'article L3171-4.
- Accessible au salarié. Chacun voit ses propres heures et peut proposer une correction sur ses 7 derniers jours, qu'un responsable accepte ou refuse. C'est le « accessible » de l'arrêt de 2019.
- Nuits rattachées au bon jour. Une garde qui finit après minuit reste sur la journée où elle a commencé, sinon les totaux de la semaine sont faux.
- Écarts signalés, jamais bloqués. Pause de 20 minutes au-delà de 6 h, repos de 11 h, 10 h par jour (12 h si la convention le permet), 48 h dans la semaine, 44 h en moyenne sur 12 semaines, repos hebdomadaire de 35 h.
- Conservation. Rien n'est purgé : les relevés restent disponibles bien au-delà de l'année exigée.
Les limites sont à connaître avant de signer, chez n'importe quel éditeur : Djed ne pointe pas les interventions pendant les astreintes, ne fonctionne pas hors connexion, n'informe pas vos salariés et ne consulte pas votre CSE à votre place, et ne certifie pas que votre organisation respecte le droit. Les alertes montrent un écart ; la décision et la responsabilité restent celles de l'employeur, à voir avec votre expert social.
Le détail de l'option (comment on pointe, le code affiché à l'accueil, la validation des journées, l'export pour la paie, le prix) est sur la page Pointage en clinique vétérinaire, qui est la page de référence du sujet côté produit.
Où aller ensuite. Pour ce que deviennent ces heures en fin de mois (majorations, contingent), lisez les heures supplémentaires des ASV. Pour les durées maximales et les repos que ces relevés doivent respecter, le temps de travail en clinique vétérinaire aujourd'hui. Pour le décompte à venir des astreintes au temps réel, l'astreinte dérangée.
Sources et date de vérification.
- Code du travail, art. L3171-1, L3171-2, L3171-3, L3171-4 (décompte et preuve), D3171-8, D3171-10, D3171-16 (modalités et conservation), L1222-4 (information des salariés), L2312-38 (CSE), L3121-16, L3121-18, L3121-20, L3121-22, L3131-1, L3132-2 (seuils des alertes).
- Cour de cassation, chambre sociale, 7 février 2024, n° 22-15.842, qui cite CJUE, 14 mai 2019, CCOO, C-55/18, point 60.
- CNIL, L'accès aux locaux et le contrôle des horaires sur le lieu de travail (page mise à jour le 17 juin 2026).
- IDCC 2564 (annexe VII de la 1875), art. 58 (suivi du forfait jours et registre des heures).
Textes relus le 2 octobre 2026 sur Légifrance, sur code.travail.gouv.fr (texte officiel du Code du travail) et sur le site de la CNIL ; guide à jour au 3 octobre 2026. Ce guide n'est pas un conseil juridique : pour votre situation, voyez votre expert social.
Questions fréquentes.
Une clinique vétérinaire est-elle obligée d'avoir une pointeuse ?
Non. La loi impose de pouvoir compter les heures, pas un outil. Quand les salariés ne suivent pas tous le même horaire collectif affiché, l'employeur enregistre chaque jour les heures de début et de fin de chaque salarié, ou leur nombre, et en fait le total chaque semaine (Code du travail, art. L3171-2 et D3171-8). Une feuille signée, un tableur ou une pointeuse conviennent.
Une pointeuse biométrique est-elle autorisée pour contrôler les horaires ?
La CNIL juge excessif de contrôler les horaires par un dispositif biométrique (empreinte, reconnaissance faciale) ou par une photo prise à chaque pointage. La biométrie au travail n'est admise qu'à titre subsidiaire, pour sécuriser des accès, quand aucune autre mesure ne suffit.
Combien de temps faut-il garder les relevés d'heures ?
Un an au minimum, à la disposition de l'inspection du travail, et trois ans pour le décompte des jours des salariés au forfait (art. D3171-16). La CNIL admet jusqu'à cinq ans en archivage intermédiaire pour les données qui servent au suivi du temps de travail.
Les vétérinaires au forfait jours doivent-ils pointer ?
Ils ne comptent pas des heures mais des journées : récapitulatif annuel des journées ou demi-journées (art. D3171-10), et document de suivi signé chaque mois avec l'employeur (IDCC 2564, art. 58). Les vétérinaires qui ne sont pas au forfait jours ont, eux, un décompte des heures.
Le pointage de Djed utilise-t-il la biométrie ou le GPS ?
Non. Le pointage n'est accepté que depuis le réseau internet de la clinique. Dans l'app, le téléphone demande son propre déverrouillage (Face ID, empreinte ou code) avant chaque pointage : la vérification reste sur le téléphone, et Djed ne reçoit ni ne garde aucune donnée biométrique.